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..:: FABE ::..


Son disque numéro qu
atre. Indomptable et opiniâtre, Fabe. Il n'est pas de ceux que l'appât du fric fera baisser son froc.
Si
vous croyez que le rap est foutu, vendu, raison de plus pour écouter "La Rage de dire", contre-exemple luxuriant qui devrait clouer le bec aux défaitistes. Du travail d'artisan, où le détail est étudié (jusqu'à l'ordre des morceaux, articulé avec soin par l'auteur). Une écriture peaufinée, minutieusement limée - mais surtout pas polie pour faire joli (Fabe reste cet impertinent salutaire).

Des c
ollaborations fertiles. D'abord celle au sein de la Scred Connexion (Fabe, Koma, Haroun et Mokless), "collectif le plus discret de Paris-Barbès" : une équipe haut de gamme qui fait du mot le meilleur antidote à nos maux. Ces complices ont en commun l'exigence, cette terre âpre, mais si propice au professionnalisme, à l'indépendance, à la créativité. Ensuite avec Double H Production, label indépendant (fondé en ?? par Cut Killer et son ami disparu East) qui, après avoir sorti le disque précédent de Fabe ("Détournement de son...", 1998), persiste et signe en publiant "La Rage de dire".
"Vous allez rencontr
er un homme en colère, qui a une dent contre la société grosse comme le déficit budgétaire", nous prévient une voix off froide, surplombée du ronflement d'hélicoptères ("L'emmerdeur public n°1"). Et le rimeur insurgé de casser le syndrome Coupe du Monde, sur fond de hourras ovationnant un but. Coup de semonce asséné en une formule lapidaire : "Mais hors du stade la France flippe de nous". Quelques notes graves de piano attisent, d'un beat dépouillé, la tension. Ce morceau, où l'auteur se présente, est comme un second volet du single de l'album précédent L'Impertinent (dans "Détournement de son").

Fabe
a plusieurs cordes à l'arc de son talent pour retenir l'attention de l'auditeur tout au long de l'album. Parfois, il a recours au scénario pour donner forme à un morceau (déposition, avec le cliquetis d'une vieille machine à écrire, comme dans un bureau de flics, pour Intro). Plus loin (Questions), sur une musique à la fois discrète et têtue de DJ Sample (qu'on avait entendu dans l'album de Koma, "Le Réveil"), c'est un question-réponse qui ne nous lâche pas, qui martèle la conscience, chaque vers se terminant par un "non" irrévocable.
Par s
on art de l'intonation, Fabe donne du peps à son phrasé. Il étire ou comprime les syllabes, marque un temps d'arrêt avant de finir un vers, jongle avec les sonorités, les allitérations... Pour le détourneur de son, le défi premier est de faire passer un message, intransigeant, qui pourrait sembler austère, sans le suspense cultivé par ces divers procédés.

Il y a bien d'autre
s perles, comme le finale inattendu de Excusez-nous . Et aussi les premiers mots de la plage suivante (C'est pas parce que...), qui surgissent comme en écho d'Excusez-nous, avant que Fabe et son guest, Sear (ex 1 Bario 5s'pry), opèrent un passe-passe verbal impeccable.

Pa
rmi les autres invités, le Gang du Lyonnais (L'argent facile), dont la musique installe une ambiance forte sans pour autant étouffer le texte. Changement de climat avec On m'a dit (conviant Haroun, qui est aussi producteur du son), où une sorte de musique de film confère aux faits rapportés la dimension d'une véritable histoire - celle de tous ces élèves mis en marge par le système scolaire.
Sampl
e de cuivres funky (bien vu par 20 Syl, producteur à surveiller de l'oreille) dans Stupéfiants (avec Koma). Couleur ample évoquant harpe et musique symphonique (par DJ Mehdi, concepteur de beats pour Ideal J et 113 Clan), insufflant un bol d'oxygène au propos grave de Fabe (Comment ils font). Verbe habité - dans La prochaine fois - de Rocé, autre représentant de cette approche du rap que l'on retrouve dans l'émission de Fabe et de DJ Pone, "Duo 2 Choc", sur Génération (88.2; tous les jeudis de 21 heures à 23 heures).


I
l faudrait égrener tous les titres, car l'urgence se niche au creux de chacun d'eux. Les paroles acérées comme des flèches dans Evidence, transposant à la situation sociale française le slogan des Blacks Panthers, "Pas de justice pas de paix". La métaphore footballistique de Onze, subtilement mis en musique par Cutee B (compositeur de Remballe, également). L'épopée à l'envers - celle des oubliés de la société - contée avec Malik et Mehdi l'Affranchi (On n'a pas tous la chance).

Si vous vous êtes rendu à l'un des 45 concerts de la Scred en 1999, vous aurez vibré à l'ambiance chaleureuse qui y règne. Celle-ci est, dans l'album, portée à son paroxysme par l'hymne joyeusement agitateur qu'est Changer le monde. Sur une musique fraîche (d'Yvan), au parfum reggae afro-caraïbe, des adolescents font les backing vocals : "Tous on veut changer l'monde / Les filles rêvent de changer l'monde / Les mecs rêvent de changer l'monde / les gosses disent de changer l'monde". Un bouquet d'allégresse qui fait du bien à l'espoir.

L'art
de Fabe est fédérateur par sa profondeur, sa rigueur, mais aussi à travers l'humour caustique distillé par la Scred Connexion, "le groupe qui monte comme tes nerfs quand ta femme parle de son ex". En témoigne par exemple Remballe. Ce clash vitaminé, lancé par Mokless', envoie sur le tapis les bluffeurs du rap et leurs phases à deux balles. Ce n'est pas moralisateur pour un rond. Mais réconfortant comme un bel éclat de rire. La soif de vivre. La rage de dire.

# Posté le samedi 06 août 2005 07:09

Modifié le lundi 04 septembre 2006 00:01

»» FONKY FAMILY ««

 »» FONKY FAMILY ««
..:: FONKY FAMILY ::..


Janvier 98, l'alert
e est donnée, la scène rap s'ébranle avec "Si Dieu veut", premier album de la Fonky Family. Les sept membres du clan phocéen "soudés à la vie à la mort" ne laissent personne indifférent. "Si Dieu veut " atteint le double disque d'or (200 000 exemplaires) 2 ans après sa sortie.

Le group
e formé en 1994 s'est aguerri sur scène pendant 4 ans (d'abord locales puis dans toute la France), s'est illustré en 1995 sur l'album solo d'Akhenaton avec le titre "Bad Boys de Marseille", avant de rentrer en studio pour son premier album. Dans les trois ans qui ont suivi la sortie, la F.F. de Mars n'a pas chômé. Le groupe - moyenne d'âge 25 ans, "des gars plus vrais que nature, ce côté pieds sur terre et à la fois immature" - part à la rencontre de son public en France et dans les pays francophones: une tournée sold-out de 50 dates qui passe par l'Olympia, les Francofolies de Montréal, le festival de Montreux, et bien sûr 2 soirs à l'Espace Julien de Marseille.

Le EP q
ui suit en 1999, "Hors Série volume 1" (lui ausssi disque d'or) regroupe titres live et nouvelles compositions, et témoigne de leur énergie sur scène. Les membres de la F.F. sont sollicités pour de nombreux featurings, ensemble ou en solo ils participent à toutes sortes de projets (BOF, compilations, albums, maxis, singles...).

Le succès du grou
pe n'entame en rien sa détermination et sa rage. Ne change rien non plus au mode de vie ou de pensée de ces francs-tireurs du verbe et du son. "S'assumer en vivant de sa passion, c'est mortel, peu de gens arrivent à le faire de nos jours, on est des privilégiés à ce niveau là. Mais on n'est qu'en cours de route. On regarde devant, même si tout ce qu'on a vécu, c'est gravé en nous, on ne pourra plus jamais s'en défaire. L'argent qui peut arriver, ou le regard des autres qui change, ça c'est la vie, mais avant tout on reste ce qu'on est”.

Attendue au
tournant du second album, la F.F. poursuit donc sa croisade, avec ce second album "Art De Rue" signé chez SMALL. Et s'il fait preuve d'une maturité acquise à force de travail et d'expérience, la furie et la foi qui animaient "Si Dieu Veut" marquent toujours cet "Art De Rue". C'est indéniable, le clan a encore progressé techniquement, et confirme son obstination à enchaîner lyrics ultra réalistes et formules incisives posés sur des fonds sonores bien distinctifs. La sincérité semble bien le maître mot de l'album, qui arrive quelques mois après la sortie de l'opus solo du Rat Luciano "Mode De Vie – Béton Style". On y retrouve l'ingénieur du son Mario Rodriguez (Mobb Deep, Mary J Blige, LL Cool J...) déjà présent sur "Si Dieu Veut".

"Art De Rue" a une s
ignification particulière pour le groupe. Ce morceau qui a donné son nom à l'album rend hommage au hip-hop, à ses disciplines moins souvent mises en avant, et à ses partisans. Logique, puisque les membres de la F.F., aux styles et personnalités bien différentes, ont grandi avec depuis leur adolescence. Le hip-hop, ils le vivent, le ressentent, le respirent. "C'est un besoin, ça ne s'explique pas, c'est une drogue, on y a goûté, ça nous a plu et maintenant on en redemande, on est nos propres dealers...”

Tour
à tour contestataire, provocatrice ou attachante, la Section Nique Tout évoque son quotidien et la rue de façon plus posée, en affûtant les mots et leurs sons. "On est à l'image de la vie, entre deux feux. Nos vies, elle ne sont ni pourries, ni joyeuses, mais c'est un mix des deux" dira la F.F. Et si la thématique demeure constante depuis "Si Dieu Veut", c'est bien que leur vie n'a pas changé et reflète leur monde cru. Hommage aux proches ("Les miens m'ont dit"), ou ode à la nuit ("Tonight"), prendre le micro n'est jamais un acte gratuit pour la F.F. Sa force est de parvenir à mélanger mélancolie, rage, humour et espoir.

Musical
ement, l'album repousse plus loin les frontières du genre. Pone sculpte des sonorités différentes et novatrices, aux effets lancinants avec un côté minimal et entêtant, et aux influences eighties. DJ Djel déploie avec brio toute sa dextérité en matière de scratchs, composant même un titre (le freestyle final), le Rat Luciano en signe cinq. "Il y a toujours un son F.F., ce qui fait que ça se ressemble, même si les tempos se sont accélérés, parce qu'on voulait un truc qui prenne les gens. On essaye plutôt de surprendre."

On noter
a des featurings issus du clan: Troisième Oeil, Costello, Le Venin, "des gens qui ont toujours été là, depuis le début de l'aventure de la Fonky Family" et Faby, pour les choeurs féminins.

Mais laissons-le
ur le mot de la fin: "Pour vraiment comprendre F.F., il faut écouter l'album, il y a plein de morceaux qui ont des touches et des couleurs différentes, ils dégagent tous quelque chose de particulier. On fait de la musique pour prendre notre pied, et puis ça donne ce que ça donne. A l'arrivée, on n'a pas des morceaux de 3 minutes 40 bien structurés avec des refrains qui ressemblent d'ores et déjà à des singles, on ne travaille pas dans cette optique là."
Le dernier albu
m en date de la FF s'intitule MARGINAL MUSIQUE, connai un beau succés avec de très bon titre.

FONKY FA
MILY :
Le Rat Lucian
o - rappeur
Don Choa
- rappeur
Sat - rapp
eur
Menzo - rappeur
Fel - rappeur
Pone -
compositeur
Djel – D
J

# Posté le samedi 06 août 2005 07:11

Modifié le lundi 04 septembre 2006 00:04

»» LA FOUINE ««

 »» LA FOUINE ««
..:: LA FOUINE ::..


Orig
inaire de Trappes-78, La Fouine s'est fait connaitre il y a quelques années déjà avec un premier EP "J'avance". Après quelques morceaux calibrés Maxde109 et une mixtape concept "Planète Trappes", l'album "Bourré au son" a la lourde tâche de crédibiliser un rap français aux teintes westcoast. Dit comme ça, la tâche paraît rude, néanmoins avec Animalsons à l'oeuvre pour la majorité des titres, le pari peut être tenu.

"J'r
appe pour le fric mais attention pour en faire suffit plus d'une meuf sur le refrain et d'un instru qui pue la merde"

Un
ambianceur avec un gimmick qu'il martèle tout au long de l'album, La Fouine c'est un peu ça. Son plus gros travers c'est peut-être justement de tomber dans cette facilité de single pourri. Rap de genre oblige, il verse dans le débilo-glitter pour adolescent sur Groupie love. Quant à Basta, le propos est moins fin qu'un bon épisode de Melrose Place. "Bourré au son" déborde ça et là par quelques phases légères et des titres comme C'est ça ou J'roule sont très borderline.

"B
ourré au son" ne s'écoute pas sans déplaisir.

Le
s différentes inspirations outre-atlantiques n'auront pas forcément raison des détracteurs du genre, il n'en reste pas moins que "Bourré au son" est un premier essai encourageant. On reprochera juste à La Fouine une envie de grailler, vite et mal, mal dissimulée sur certains morceaux. L'album aurait gagné à être plus concis

# Posté le samedi 06 août 2005 08:57

Modifié le lundi 04 septembre 2006 00:06

»» IAM ««

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..:: IAM ::..


Flashback: Philippe, déjà surnommé Chill, découvre le rap américain "in situ". Petit Français en squat prolongé à New York, il a rencontré tous les acteurs de la scène hip hop à New York dès la fin des années 80.

Pour la légende, c'est son blouson du Coq Sportif qu'arbore fièrement le rapper du Bronx T La Rock sur la pochette de son plus fameux album. Et c'est à New York que Chill pose le premier rap en français sur un maxi américain: son featuring sur This Is The B Side de Choice MCs en 1988 est le premier d'une longue série.

Marseille

Retour à Marseille: après des balbutiements en compagnie de son ami Eric Mazel (qui a pris comme nom de scène DJ Kheops) sous les patronymes Lively Crew (1986/1987) et B-Boy Stance (1988/1989), Chill se ligue avec un danseur qui rappe, Geoffroy, alias Jo, qui deviendra Shurik'n. Les années de formation sont aussi les années de plomb, mais la passion remplace les finances.

Le complice des quartiers Nord, le danseur Abdel Malek Sultan, se joint à la troupe en compagnie de l'autre danseur, Kephren. Enfin, le plus âgé Pascal Perez, devenu Imhotep, s'impose comme l'"architecte" du son IAM. Les six acteurs de la saga sont en place.

Premier coup d'éclat: forcer la chance et enregistrer fin 1989, dans le home studio du groupe Massilia Sound System, une cassette auto produite titrée Concept qui pose les bases de leur philosophie. Malgré un budget proche de zéro, le résultat est stupéfiant.

On y trouve les premières versions de morceaux tels que Red, Black & Green et Total Kheops, ainsi que les samples égyptologiques tirés du son et lumière de Louxor.

Car IAM n'est pas un groupe rap comme les autres, et le public va vite s'en apercevoir: là où d'autres utilisent l'énergie brute et l'argot de la rue, IAM double son vécu urbain d'une couleur world et de références historiques. La première apparition parisienne sera... les premières parties des trois concerts du Blonde Ambition Tour de Madonna à Bercy en juillet 90.

... De La Planète Mars

Repérés par le directeur artistique de Labelle Noire, une structure de Virgin France, les six membres d'IAM se retrouvent à enregistrer un premier album, ... De la planète Mars, qui va marquer la jeune histoire du rap en français: pour la première fois, un groupe de rap prouve qu'il a le souffle pour tenir la distance sur tout un CD, alignant les tubes (Planète Mars, Red, Black & Green) et les morceaux plus introspectifs (Le Nouveau Président, Tam Tam de l'Afrique) sans oublier l'humour (Attentat et Disco Club, qui s'avère être la première version du Mia).

Même la musique orientale est représentée (Do The Raï Thing), et le CD se conclut avec Rapline II, le générique de la seule émission télévisée rapologique (sur M6) qu'ils ont écrit spontanément. Sorti en mars 1991, l'album ne sera disque d'or que des années plus tard.

Ombre est Lumière

Après une année 92 plutôt calme qui voit la sortie du troisième single Planète Mars, IAM se lance en 93 dans l'enregistrement du toujours difficile second album, qu'ils veulent double. Une ambition qu'ils devront défendre face à une maison de disques d'abord réticente, puis convaincue: enregistré près d'Aix-En-Provence et mixé à New York, Ombre Est Lumière sort en novembre 93, précédé d'un single à tirage limité (Donne-moi le micro).

Jamais auparavant un group de rap français n'avait fait montre d'une telle ambition: en deux volumes de 40 titres, IAM réinvente la musique hip hop, mélangeant les styles et alignant les tubes.

Remixé avec un sample imparable de George Benson (Give Me The Night), Le Mia devient le premier tube rap à occuper le numéro un des ventes nationales. Un raz de marée suivi d'un "bis" avec Le feu, hymne des stades et notamment du Vélodrome de Marseille adapté d'un air de polka.

La tournée nationale qui suit Ombre Est Lumière prend une nouvelle dimension avec le succès phénoménal du disque: la tournée "Le Dragon s'éveille" traverse la France, s'arrêtant au Printemps de Bourges le 21 avril 94 et une semaine plus tard à Paris pour deux shows archi complets.

C'est aussi l'époque où l'on voit IAM à la télé, et pas dans les émissions de variétés: chez Michel Field (où il cloue le bec d'Alain Madelin avec des arguments de poids) ou à Envoyé Spécial sur France 2.

Victoire de la musique

En février 1995, les Victoires de la Musique consacrent IAM "groupe de l'année", l'occasion pour Chill d'une émouvante dédicace "pour que cette victoire soit une partie infime de la victoire éternelle de la musique sur les défaites de l'humanité".

Hyperactif, Akhenaton sort cette même année son premier album solo, Métèque et Mat. Très personnel, ce recueil de raps entre nostalgie et introspection lancera par rebond le groupe marseillais Fonky Family, invité sur le tube Bad Boys De Marseille.

Les albums solo des frères d'arme de Chill suivront: celui de Shurik'n en 1998 (Où je vis, double disque d'or), suivi de peu par l'album world instrumental d'Imhotep Blue Print et l'année suivante par celui de Malek, l'ex danseur devenu rapper sous le patronyme de Freeman (L'palais de justice, disque d'or).

Le DJ Kheops, quant à lui, se lance dans la fondation de son label, Sad Hill, dont la première sortie sera une compilation éponyme regroupant sur deux CDs les meilleurs espoirs du rap français, de Paris comme de Marseille (X-Men, Def Bond, Hi Hi, Pit Baccardi, Faf Larage, etc).

Ecole du Micro d'Argent

Le futur d'IAM se joue aux Etats-Unis: en effet, le second semestre 96 est celui de la finition du plus ambitieux projet d'IAM, son troisième album titré L'Ecole du micro d'argent. Alors que l'enregistrement est achevé, Akhenaton décide de tout revoir, de rajouter des chansons et de remixer la plupart des titres sélectionnés. Du coup, le disque est repoussé au début 97. Il ne contient aucun "Mia", pas d'hymne façon Le feu et aucune trace de galéjade. L'ambiance est sombre, épique, truffée de morceaux de bravoure (L'enfer, La saga, Nés sous la même etoile) et de titres émouvants (Petit frère, Un cri court dans la nuit).

Le disque se conclut avec un rap rageur de dix minutes, Demain c'est loin, interprété par Akhenaton et Shurik'n d'une traite, sans refrain.

Les clips des morceaux La saga et L'empire du côté obscur sont pharaoniques, titanesques. Leur budget dépasse le million de francs et les effets spéciaux de La saga, qui met en scène un monstre façon "Alien", est même une influence pour RZA, le fameux mentor du Wu-Tang !

L'Ecole du micro d'argent finira par s'écouler à plus d'un million d'exemplaires, un record absolu pour un groupe de rap.

En 1998, alors qu'IAM est invité aux Victoires de la Musique, le groupe tétanise le public de ministres, PDGs de majors et autres officiels grâce à une prestation terroriste: IAM interprète Independenza avec une cohorte de soldats cagoulés façon FLNC et marque une nouvelle fois l'histoire de cette prestigieuse cérémonie.

Intéressé par le son, Akhenaton ne veut pas se contenter de rapper mais veut aussi produire. On entend son travail sur de nombreux titres de rap français, pour des remixes ou des sons originaux avec les meilleures plumes du hip hop hexagonal.

Comme un aimant

C'est un morceau d'Ombre Est Lumière, L'aimant, qui est à l'origine du long métrage "Comme un aimant", dont Bruno Coulais co signe la musique avec Akhenaton.

Un pur tube de rap marseillais sort du lot, Belsunce Breakdown de Bouga, hit des clubs au refrain chanté par Freeman. À la fois interprète, rapper, producteur et chef d'orchestre, Akhenaton se surpasse pour ce projet hors du commun et enregistre sur la B.O. avec les légendes de son enfance: Isaac Hayes, Millie Jackson (qui chante en duo avec Shurik'n), Marlena Shaw, The Dells, Dennis Edwards des Temptations et Cunnie Williams.

Mais si 2000 restera à jamais l'année de "Comme Un Aimant" pour AKH et sa clique, 2001 marque le début des grandes manoeuvres pour IAM.

Avant de réactiver la machine IAM, Akhenaton lâche son second solo, sol Invictus. Disque d'or quasi instantané, cet album spirituel évoque sur un titre les tours du World Trade Center et est masterisé le jour même de l'attentat sanglant sur les tours maudites.

A l'avant-veille du premier tour des élections présidentielles, Akhenaton donne chez lui, à Marseille, son premier concert en solo. Il y interprète les titres phares de Sol Invictus et fait monter sur scène ses amis et alliés Psy 4 De La Rime et Chiens de Paille.

Revoir un Printemps

Ce concert symbolique marque aussi la fin du cycle des collaborations et des solos: en effet, 2002 est l'année de la reconquête pour IAM.

Première étape: la sélection des instrus. Une cinquantaine de titres réalisés par les quatre concepteurs sonores du groupe (Imhotep, Akhenaton, Shurik'n, DJ Kheops) sont maquettés, puis mis bout à bout sur un DAT afin que le groupe choisisse à main levée ceux qui méritent de devenir des morceaux à part entière.

La première innovation audible sur les 17 chansons de Revoir un printemps, c'est bien sûr la prise de micro de Freeman, désormais à égalité avec ses frères d'arme AKH et Shurik'n.

"IAM n'est pas l'ANPE", résume Akhenaton pour ceux qui penseraient que l'inclusion de Malek se résume à du copinage marseillais. Depuis "Independenza", l'ex spécialiste des interludes comiques ne plaisante plus quand il s'agit de lâcher des rimes définitives.

Pour donner une dimension internationale à leur nouveau projet, IAM veut des invités américains. Redman et Method Man répondent présent à l'invitation du gang sudiste, et qui débarquent un beau jour sur la planète Mars avec des rimes de tueurs dans leur sac à dos. Deux jours et deux nuits de joutes verbales qui laissent les Marseillais avec des souvenirs éternels et un titre en béton, Noble art.

Beyoncé, de Destiny's Child, craque sur le titre Bienvenue, qui se retrouvera en simultané sur Revoir un printemps et sur Dangerously In Love, l'album solo de la nouvelle reine du r&b. Syleena Johnson répond présent elle aussi, et apporte une touche de soul au tragique Ici ou ailleurs, chanson poignante sur le viol dont la justesse des paroles en fait un des sommets de ce disque décidément hors du commun, si loin des sentiers battus d'un rap français obsédé par les caïds en carton.

Presque quinze ans après leur cassette autoproduite Concept, IAM reste fidèle à ses rêves, à ses ambitions et à son public, gardant le même esprit combatif, le même "Mental de Viêt-Cong" et la même impétuosité pour nous livrer Revoir un printemps.

# Posté le dimanche 07 août 2005 03:08

Modifié le mercredi 06 septembre 2006 00:00

»» IDEAL J ««

 »» IDEAL J ««
..:: IDEAL J ::..


Hardcore
et réaliste, tels sont les deux mots qui caractérisent le mieux Ideal J.
De leu
r premier single La vie est brutale en passant par Le combat continue toujours la même rage, mais aussi la même tristesse dans leurs yeux. Le groupe, issu de la banlieue parisienne (Orly, Choisy, Vitry), fait partie des rappeurs qui font preuve d'éthique et qui n'ont pas peur de choquer.
Le posse
Ideal composé de Manu Key, Lil'Jahson et Mista Flo se forme en 1990 à Orly. Puis arrivent Alter (qui partira en 1993) et Kery James. Ces derniers forment alors Ideal Junior (nom choisi en raison de leur jeune âge).

I
ls sortent leur premier single La vie est Brutale en 1992, après s'être fait remarquer lors de concerts. Ils sont alors rejoints par Medhi qui produira les sons.

En 19
93, un différent avec leur producteur les empêchent de sortir un album. Ils enchaînent donc les concerts avec Alariana, groupe créé pour l'occasion des amis. Cette situation dure jusqu'en 1994 quand, libérés de leur producteur, ils interviennent sur la bande originale du film Raï.

C'est
en 1996 que le posse sort enfin son premier album intitulé Original MC sur une mission, puis le deuxième album en 1998, Le combat continue. Les déboires du groupe ne sont cependant pas finis : le single Hardcore sera censuré en radio et le clip bippé.

A l'
occasion de la sortie du second album, Idéal J goûte pour la première fois à la notoriété. Invité des médias, porte parole du milieu Underground, Kery James fait passer ses messages avec parfois beaucoup de provocation (ses prises de position sur l'homosexualité et le showbusiness lui causeront quelques problèmes).

Idéal J s
e produit à l'Elysée Montmartre en 1998 pour ce qui restera leur dernier concert. En effet LAS Montana décèdant dans des conditions tragiques en 1999, Kery James le leader naturel du groupe décide de stopper sa carrière.

Medhi
ancien DJ du groupe commence une carrière solo. Il sort un premier album aux tendances électro. Kery James s'implique de plus en plus dans la communauté musulmane. Il devient fervent défenseur de sa cause.

L
a fin du groupe est définitivement sonné avec la sortie, en 2001, du premier album solo de Kery James "Si c'était à refaire ..." ,longue complainte de sa vie l'album revient brièvement sur un passé que Kery James essaie d'oublier. En 2005, sort le second album de Kery James inclus le morceau "Hardcore 2005" memorenda du premier titre éponyme datant de 1998.

Idéal
J reste pour beaucoup le groupe le plus Hardcore de l'histoire du rap français.

# Posté le lundi 08 août 2005 04:29

Modifié le mercredi 06 septembre 2006 00:03